L’Espace culturel et associatif de la tour à plomb
Document Actions
La tour à plomb : un des derniers témoins de la grande époque industrielle de Couëron.
La construction de la Tour, destinée à la fabrication du plomb de Chasse-plomb à giboyer, a été terminée en juillet 1878. Sa hauteur est de 70 m.
C’est le seul édifice parmi les bâtiments industriels du XIXe siècle à porter des éléments à but purement décoratif.
Elle est classée monument historique depuis février 1993.
Le plomb s’écoulait du haut de la tour au travers d’une grille calibrée permettant ainsi d’obtenir aussi bien du plomb pour la bécassine que pour le canard.
De Tréfimétaux à l’espace culturel et associatif de la tour à plomb : histoire d’une reconversion industrielle
A la fermeture de l’usine Tréfimétaux, à la fin des années 80, le conseil municipal de Couëron décide à l’unanimité de se porter acquéreur de la tour à plomb et de 2780 m² de bâtiments, pour un franc symbolique versé à la Société Métayer-Noël. Porté au Plan pluriannuel 2003-2010 sous le titre « Maison des associations et des syndicats », ce nouvel équipement municipal aujourd’hui dénommé « Espace culturel et associatif de la tour à plomb » répond a plusieurs objectifs : faire revivre un patrimoine industriel de qualité grâce à l’apport des associations, forces vives de la cité, leur fournir des locaux et espaces de réunions, leur permettre ainsi de mieux se rencontrer et échanger. Cette reconversion de l’ancien site industriel s’inscrit dans la continuité du réaménagement des bords de Loire, entrepris en 2002 par Couëron et Nantes métropole. Une requalification qui se poursuivra avec la réalisation d’une médiathèque dans la grande halle de l’usine…
Histoire du site
A l’emplacement de l’usine se trouvait auparavant le petit port de la Canche ainsi qu’une zone champêtre soumise aux crues fluviales et exclusivement vouée à la pâture. L’implantation de l’usine et de ses très nombreux bâtiments ainsi que l’exhaussement et l’aménagement de quais et d’estacades transfigurèrent profondément les bords de Loire, jusqu’à l’étier de la Bouma. L’implantation industrielle du site connut un constant déplacement vers l’est au fil des extensions, jusqu’à occuper entièrement l’espace libre entre le coteau et la Loire, les ateliers épousant la forme même du front de taille. Jusqu’à une date récente, avant 2002 et l’aménagement des rives du fleuve, les bâtiments enchevêtrés par plus d’un siècle d’extensions offraient un front uniformément bâti sur la Loire et occupaient pratiquement tout l’espace. La première étape de l’aménagement consista d’ailleurs à détruire des bâtiments et à dégager ainsi des espaces pour mettre en valeur le bâti restant. Cette démarche correspondait à une forte volonté municipale de préservation du patrimoine industriel local, non pas comme musée, mais comme un lieu vivant où perdureraient, aux côtés de zones d’habitation, des activités culturelles, associatives et économiques. La Sacmo, entreprise locale, inaugura par exemple ses nouveaux locaux sur le site Tréfimétaux en 1999. Cet important chantier situé à proximité de la tour à plomb fut soumis au contrôle de l’architecte des bâtiments de France : doublage de pierres apparentes sur la façade de parpaings, armature métallique et verrière, sheds… L’Espace culturel et associatif ouvre aujourd’hui ses portes, viendra ensuite la médiathèque, puis la construction d’un quartier de 200 logements…

Histoire de l’usine
Les Fonderies et laminoirs de Couëron furent créés en 1861 dans un contexte économique et géographique favorable (tarifs douaniers favorables à l’importation du minerai, position stratégique en bord de Loire) afin de produire du plomb et des produits dérivés de ce métal. Au fil des fusions et acquisitions, l’usine prit le nom de Pontgibaud en 1879 puis de Tréfimétaux en 1964, appellation qu’elle garda malgré son intégration au groupe Péchiney puis à Ugine-Kulhmann. Elle rencontra quelques difficultés à ses débuts mais connut par la suite un réel essor. Dès 1877, de nouveaux produits furent développés -en particulier le plomb de chasse- et une extension des locaux fut programmée. De nouveaux bâtiments furent construits dont certains aujourd’hui existants : grande halle, tour à plomb, bâtiment municipal (services jeunesse et sports), halle de la société Sacmo. Sur l’emplacement de l’actuel Espace culturel et associatif se trouvaient les ateliers de fabrication de la céruse ou blanc de plomb, substance aujourd’hui interdite ; ces ateliers furent transformés par la suite en service électrique, bureaux et laboratoire. L’ancienne usine de traitement du minerai de plomb fut quant à elle détruite après l’abandon de l’activité de fonderie dans les années 1930, au profit de la métallurgie du cuivre et de ses alliages. A cette époque, elle employait 1 200 ouvriers. Dans les années 1950, l’usine connut des difficultés. A la fin des années 70, elle devint même déficitaire. La diversification se poursuivit avec la création d’un atelier de flans monétaires. Ses effectifs étaient alors de 650 employés qui oeuvraient dans 40 000 m² de bâtiments sur une emprise foncière totale de 15 hectares. En 1986, l’usine se consacra exclusivement aux activités de relaminage. Elle procéda à la vente de 4 hectares de terrain avec leurs bâtiments. En 1988, après des années de luttes sociales, la fermeture définitive de l’usine entraîna le licenciement de ses 160 ouvriers…
Histoire de la tour à plomb et de la fabrication du plomb de chasse
Afin de diversifier sa production, l’usine s’engagea dans la réalisation de plombs de chasse réputés par la suite pour leur grande qualité. A cette fin, la tour à plomb fut construite dans les années 1877-1878 par l’architecte nantais Léon Lenoir, sur des plans d’ingénieurs anglais.
L’édifice mesure 69,40 m de hauteur pour un diamètre de 11,30 m à sa base avec des parois de 2,15 m s’amincissant à 80 cm au sommet. Il est à noter que ce dernier fit d’ailleurs l’objet d’une attention particulière avec l’apport d’éléments décoratifs : galerie de circulation en pierre calcaire habillée de garde-corps en fer forgé, arcades plein cintre sur toute la circonférence, murs en brique et couronnement crénelé, toiture en zinc conique en poivrière. Le fût du bâtiment est quant à lui animé de fenêtres en calcaire, percées en alternance. L’écoulement des eaux de pluie se fait à l’intérieur de la tour par une série de tuyaux en fonte. Le seul accès à la tour donne sur la grande halle qui la jouxte. L’intérieur est composé de plusieurs paliers de bois placés tous les 9 mètres et autrefois accessibles par des échelles ou un monte-charge. Au niveau le plus haut se trouvait un équipement pour fondre le plomb et des « poêles » percées à la taille de plombs souhaitée. La chute des billes de plomb mêlé d’antimoine et d’arsenic permettait d’obtenir des plombs de chasse parfaitement sphériques recueillis dans une cuve remplie d’eau placée à un niveau inférieur. Cette activité fut interrompue en 1957 ou 1958.
La tour à plomb de Couëron est aujourd’hui une des dernières de France. Elle est classée au titre des Monuments historiques depuis 1993 avec l’ensemble de son équipement intérieur. On notera qu’il existait d’autres tours à plomb dans la région, notamment à Nantes et à Angers. Elles furent détruites en 1961 et 1984. Celle de Noyelles-Godault sur le site MétallEurop, près de Lens, construite en 1924 en béton armé sur une structure métallique, le fut en 2006.

Pour en savoir plus, n’hésitez pas à consulter le fonds documentaire sur Tréfimétaux (cartes postales, photographies, documentation technique, etc) conservé au service archives et patrimoine de la Ville.
Renseignements au 02 40 38 51 00 ou patrimoine@mairie-coueron.fr
Vous pouvez également lire les ouvrages publiés par « Une tour, une histoire », association couëronnaise qui s’attache à conserver la mémoire du site Tréfimétaux et de ceux qui l’ont fait vivre.
Quatre livres ont été publiés : De Pontgibaud à Tréfimétaux, des ouvriers racontent (1997) / 1975/1976 La grève quand les femmes ont pris la colère (1999) / Des machines et- des hommes (2003) /Chronique d’une fermeture (2008)
Ces livres sont disponibles à la bibliothèque Victor-Jara ou sur demande auprès de l’association au 02 40 38 00 22.
Enfin, pour mieux connaître le patrimoine ouvrier de Couëron, vous pouvez également consulter le carnet de balades "Mémoire ouvrière, mémoire culturelle" en cliquant ici









