Commémoration du 5 décembre : message de Carole Grelaud

Retrouvez les mots de Carole Grelaud, à l’occasion de la commémoration du 5 décembre :

 

« Aujourd’hui, 5 décembre 2020, nous nous réunissons pour commémorer la mémoire de nos soldats morts pour la France lors de la guerre d’Algérie.

Il y a 58 ans, la guerre d’Algérie arrivait à son terme. Après les Aurès et la Kabylie, elle avait gagné Alger. Un pas supplémentaire dans la violence était franchi. Il y a 58 ans, des soldats de métiers, des centaines de milliers de jeunes hommes appelés ou rappelés sous les drapeaux et des membres des forces supplétives combattaient pour la France.
De 1952 à 1962, en Algérie, au Maroc et en Tunisie, près de deux millions d’hommes ont servi sous les drapeaux. 70 000 ont été blessés, 25 000 sont tombés, ont combattu avec courage et dévouement pour notre patrie.

Il est de notre devoir, aujourd’hui, de les honorer.

Il est de notre devoir de nous remémorer les souffrances des civils, victimes de la guerre ou fauchés par un attentat.

Il est de notre devoir de nous souvenir de toutes ces femmes et de tous ces hommes dont les destins furent bouleversés ;

De tous ces Français rapatriés qui ont abandonné une terre qu’ils aimaient tant et qui ont souffert de ce déracinement.

Mais également rappelons-nous ces harkis, contraints de quitter leur terre natale et dont le retour en France fut indigne.

Rappelons-nous toutes ces personnes disparues, hommes, femmes, civils et militaires, dont la trace a été perdue.

Près d’un million et demi d’appelés et de rappelés ont participé à la guerre d’Algérie. Ces hommes, jeunes, grandis à l’ombre de la deuxième guerre mondiale dont ils avaient enduré les souffrances et les privations, ont, à l’orée de leur vie adulte, connu l’épreuve d’une autre guerre. Celle-ci laissera de profonds stigmates dans notre mémoire nationale

Leur existence en a été marquée pour toujours.

De retour en France, beaucoup, qui avaient servi avec honneur, ont porté seuls le poids de cette guerre dont on ne parlait pas.

Tous les soldats tombés en Afrique du Nord, tous ceux que nous avons pu identifier, aucun ne doit être oublié.

Même si cet épisode de l’histoire, la barbarie de ce conflit reste vif dans l’esprit des anciens combattants encore en vie, il n’est plus temps d’entrer dans la polémique, de ressusciter les fautes et les responsabilités des uns et des autres.

Il aura fallu attendre 40 ans pour que, ce 5 décembre, cette Journée nationale d’hommage aux morts pour la France en Afrique du Nord, soit instituée.

Aujourd’hui, il convient de se souvenir ; de rendre hommage à ces recrues, Françaises, couëronnaises, qui dans la vaillance de leur jeune âge se sont battues, de transmettre leur mémoire.

Il est temps de passer le témoin de l’Histoire à nos jeunes générations ;

De leur redire le courage de cette jeunesse sacrifiée, de toutes ces victimes civiles ou militaires,

Commémorons leur souvenir pour continuer à transmettre et à entretenir la mémoire collective, celle qui forge l’identité de chaque citoyen de notre pays. C’est le sens de cette journée nationale.

Et c’est en leur mémoire qu’il nous faut construire et maintenir ensemble la Paix des peuples !

Vive la République !

Vive l’Europe !

Vive la France !

Vive la Paix ! »