Commémoration du 11 novembre 1918 : message de Carole Grelaud

En ce 11 novembre 2020, Carole Grelaud, Maire de la ville, Conseillère Départementale de Loire-Atlantique adresse ce message aux coueronnais et coueronnaises :

 

« Mesdames et Messieurs les représentants des corps constitués,

Mesdames et Messieurs les représentants des associations d’anciens combattants,

Mesdames et messieurs les élus,

Mesdames et messieurs,

 

En ce début de novembre 1918, le clairon retentit dans les campagnes françaises, rompant un silence pesant et glacé.

Peu à peu, les soldats, hagards, sortent de leurs tranchées, s’extirpant péniblement du sol gelé, où ils s’apprêtaient à passer de longs mois de froid et de solitude.

Incrédules, ils comprennent à peine que la paix a sonné. Cette paix tant attendue, cette paix qui vient clore 4 longues années de boucherie, de massacre et de désespérance, est enfin là.

Le 11 novembre 1918, à 11 heures du matin, à Couëron, comme dans toute la France, les cloches des églises retentissent et sonnent à la volée.

C’est l’Armistice. C’est la fin des combats.

La fin de ce long tunnel sanglant et dévastateur. Français et alliés célèbrent leur victoire, pour la patrie, pour la liberté. Après maints sacrifices et souffrances, ils ont, non seulement, survécu à l’enfer mais l’ont dominé.

Car l’enfer a existé.

Et l’enfer n’en finit pas d’étirer son funeste décompte de morts, de blessés, de mutilés, de disparus.

Les foyers endeuillés entament le douloureux apprentissage de l’absence, de l’attente, de la perte d’un être cher.

Les familles, dont les disparus n’ont pas réapparu, ou n’ont pas été identifiés, espèreront encore et croiront longtemps, en vain pour le plus grand nombre, au retour d’un mari, d’un frère, d’un père.

Rappelons une fois encore ces chiffres hors normes :

10 millions de morts

6 millions de blessés et mutilés

3 millions de veuves

6 millions d’orphelins

Des millions de victimes civiles

1 milliard d’obus tirés sur le seul sol de France

 

Ces chiffres, de par leur ampleur, seront à la mesure de ce conflit, extraordinaires, tant du point de vue humain que géographique.

D’européenne, la guerre est rapidement devenue mondiale, par le jeu des alliances.

De jeunes combattants, venus de partout, étaient venus mourir loin de leur famille pour un combat qui leur était, pour partie, étranger.

Souvenons-nous et honorons leur mémoire.

La mémoire de cette jeunesse sacrifiée, de ceux qui sont rentrés, vides de leurs idéaux, de leur goût de vivre.

Il importe de nous souvenir, car c’est de ce souvenir que naît la conscience collective, que se crée le socle commun qui fonde une Nation.
Au travers des lieux de mémoire, l’histoire collective se construit et permet d’avancer.

 

Hommage aux enseignants

Permettez-moi, pour cela, de rendre, un hommage appuyé à ceux qui ont la noble et inestimable tâche d’instruire cette mémoire, de transmettre aux jeunes générations, cette Histoire commune, et les valeurs qu’elle véhicule.

 

Je veux évoquer ces enseignants, Hussards de la République, qui, par leur travail au quotidien, forgent les consciences, aident nos enfants à appréhender ce monde complexe, dans lequel ils vivent et grandissent, ceux qui leur apprennent à se respecter, à vivre avec les différences, d’origines, de religions et de pensées.

 

L’événement tragique qui a secoué notre pays, en octobre dernier, et qui a vu un enseignant succomber sous les coups de la folie extrémiste d’un individu pétri de haine et d’aveuglement religieux, atteste que ce combat est indispensable, qu’il faut sans cesse remettre l’ouvrage sur le métier.

 

Je reprendrai le magnifique texte de Jaurès à l’adresse des institutrices et instituteurs au début du XXe siècle :

« Vous tenez en vos mains l’intelligence et l’âme des enfants ; vous êtes responsables de la patrie. Les enfants qui vous sont confiés n’auront pas seulement à écrire ou à lire, (…). Ils seront citoyens et ils doivent savoir ce qu’est une démocratie libre, quels devoirs leur impose la souveraineté de la Nation. Enfin, ils seront hommes et il faut qu’ils aient une idée de l’homme, la racine de nos misère, l’égoïsme aux formes multiples, le principe de notre grandeur… »

 

Souvenons-nous ! N’oublions pas !

Car le souvenir de Samuel Paty, comme celui des martyrs tombés en hommes libres, il y a 102 ans, nous exhorte à être dignes d’eux, qui sont morts pour nous, pour que nous puissions vivre en paix et en harmonie avec nos valeurs, qui sont plus que jamais la liberté, l’égalité, la fraternité, et j’ajouterai, la laïcité.

Alors, aujourd’hui, je veux réaffirmer que nous, élus de la République, continuerons à défendre la liberté chèrement acquise au fil de l’histoire, cette liberté d’aller et venir, de penser, de vivre selon ses aspirations, dans le respect des uns et des autres, sans heurter les convictions mais avec fermeté et détermination.

Ce sont ces valeurs et ces vertus qui ont fait la France et fait ce que la France est.

Une Nation libre et laïque, ouverte et accueillante.

Vive la paix entre les peuples et entre les Etats !

Vive les nations libres du monde !

Vive l’amitié entre les peuples ! »

 

Couëron, le 11/11/2020

 

Carole Grelaud

et l’ensemble de l’équipe municipale.