| Retour sur le confinement | Les savonneries couëronnaises

Deux savonneries artisanales fabriquent des produits cosmétiques à Couëron : « Lulu-Guite » et « Crü ». Leurs produits sont vendus en boutique dans toute la France et sur Internet. Leurs responsables racontent comment elles ont traversé le confinement.

 

Témoignage d’Anne Rébion, savonnerie artisanale Crü

Anne Rébion - savonnerie artisanale Crü
Anne Rébion – savonnerie artisanale Crü

« Il y a eu une chute radicale de l’activité et du chiffre d’affaires sur la 2e quinzaine de mars. La moitié des points de vente qui distribuent mes savons ont fermés, c’est-à-dire tous les magasins non-alimentaires. Il a fallu une bonne quinzaine de jours pour que les épiceries ouvertes s’organisent et mettent en place des « drives » et retrouvent un flux presque normal.

 

Côté approvisionnement, j’avais fait une importante commande de matières premières en février ce qui m’a permis de continuer à produire sans rencontrer de problèmes d’approvisionnement.

 

Les ventes physiques sont plus calmes dans la mesure où la moitié des points de vente sont fermés mais les vente sur internet ont doublé ce qui permet presque de compenser la perte des magasins. Ce n’est pas un mois d’activité normal mais compte-tenu de la situation je considère que c’est plutôt correct.

 

Je vais faire un don de savons pour les détenus et les surveillants du centre de détention de Nantes. »

 

www.savonnerie-cru.fr

 

 

Témoignage d’Olga Lastennet, savonnerie artisanale Lulu & Guite

Olga Lastennet - savonnerie artisanale Lulu & Guite
Olga Lastennet – savonnerie artisanale Lulu & Guite

Avant le confinement, nous étions 4 personnes : Hélène, Natacha (en formation) et Manon, une stagiaire, et moi. Les 15 premiers jours du confinement, j’ai arrêté complètement l’activité. Plus personne ne venait au labo et pour cause il n’y avait plus de commandes.

Le redémarrage s’est opéré début avril. Hélène a repris, d’abord, 3 matinées par semaine, puis toutes les matinées. La 2e quinzaine de mars, il y a eu un écroulement des ventes, je n’ai eu quasi plus du tout de commandes.

 

En avril, je ne pense pas faire 50 % du chiffre prévu. Les consommateurs limitent leurs déplacements, leurs sorties et font leurs courses en une seule fois dans les grandes surfaces. Or, je ne n’y vends pas mes produits. Je vends mes savons dans des petites boutiques dont la plupart sont à l’arrêt. Les épiceries de vrac continuent leur activité, les gens commandent principalement du frais mais plus de cosmétiques. Se laver les mains avec du savon est un des principaux gestes barrières mais paradoxalement, les savonniers artisanaux souffrent de la crise sanitaire alors que les savonneries industrielles ont doublé leur chiffre d’affaires.

 

J’ai fait un don à 2 associations de femmes sans abris de Nantes (Féminité sans abri, Et ma douche), Il s’agissait de savons, de dentifrice, de déodorant et comme c’est en petit format et solide, c’est pratique pour des femmes qui sont sans abri.

 

D’autre part, les laboratoires cosmétiques ont obtenu une dérogation pour pouvoir fabriquer du gel hydro-alcoolique. J’ai donc commandé les matières premières nécessaires pour en fabriquer et pouvoir en distribuer autour de nous, aux personnes qui en ont le plus besoin, les pharmacies, les Ehpads.

 

www.luluetguite.fr