La verrerie

À la fin du XVIIIe siècle, au moment même où le trafic maritime du Port-Launay décline, l’activité industrielle débute à Couëron, avec une importante manufacture : la verrerie royale fondée en 1784.

La verrerie

Un lieu idéal

Proximité de la Loire pour l’acheminement du charbon, matière première à profusion dans la butte de lest : voilà un endroit bien commode pour y installer une verrerie. Cependant, son fondateur, Nicolas de la Haye Dumeny, fils du propriétaire de la verrerie de Lafond près de La Rochelle, a été difficile à convaincre : il voulait créer une verrerie à Nantes pour éviter de payer l’octroi à l’entrée de la ville. Finalement, la verrerie a prospéré à Couëron pendant plus d’un siècle.

Une organisation particulière

Comme ses voisines de Varades ou d’Ingrandes, la verrerie de Couëron forme un ensemble bâti fermé de 23 000 m², au centre duquel se trouve la verrerie proprement dite, avec les fours et ses galeries. Elle se présente aujourd’hui comme une butte de terre. Les bâtiments qui l’entourent sont les logements des ouvriers, une grande halle pour les ateliers annexes (magasin et écuries), le magasin et la maison du contremaître.

La maison du directeur, construite plus tardivement, se situe à proximité.
Au niveau du sol, se trouvent des longues galeries qui permettent la circulation de l’air et des ouvriers chargés de vider les cendres. Ces galeries sont orientées d’est en ouest pour laisser pénétrer le vent d’ouest.

Des canevettes pour le commerce triangulaire

La verrerie de Couëron est fondée par des verriers rochelais pour produire spécifiquement des marchandises pour le commerce maritime, notamment des canevettes, marchandises de traite.
Il s’agit de petites caisses contenant 6, 9 ou 12 flacons carrés produites à l’origine aux Pays-Bas puis à la Rochelle.
Elle produit aussi d’autres objets de verre noir : damesjeannes (grosses bouteilles entourées d’osier), et bouteilles.

La production est assez constante, en 1840 et en 1870, elle atteint plus d’un million d’unités par an.
Les raisons de la fermeture en 1887 ne sont pas connues précisément. S’agissait-il de problèmes d’approvisionnement, le port étant bouché par les travaux d’endiguement de la Loire ou d’obsolescence du site industriel face aux verreries mécaniques, installées à proximité des gares, fonctionnant au gaz ?