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Journée nationale du souvenir des victimes de la déportation

Journe nationale du souvenir des victimes de la dportation

Discours de Carole Grelaud, Maire de Couëron, Conseillère départementale.

Madame la Députée,
Mesdames et Messieurs les représentants des corps constitués,
Mesdames et Messieurs les représentants des associations d’anciens combattants,
Mesdames et messieurs les élus,
Mesdames et messieurs,
Cher-e-s ami-e-s,

La Journée nationale du souvenir des victimes de la déportation nous rassemble, en ce dimanche 30 avril, pour une cérémonie de recueillement et de mémoire. Cette date n’est pas une date comme une autre pour une telle célébration. Ça n’est pas une date comme une autre, car nous nous trouvons dans un entre-deux électoral, à une semaine précise du 1er tour de la présidentielle, qui a eu lieu dimanche dernier, et à une semaine aussi de son 2nd tour, qui aura lieu dimanche prochain.

Nous voilà donc au coeur d’une période de réserve électorale à laquelle je dois m’astreindre en ma qualité de Maire de Couëron. Et donc, alors même que le Front national vient d’être qualifié pour le second tour de cette présidentielle… Alors même que la montée nationale-populiste menace ainsi notre pays… Alors même que nos valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité peuvent être emportées par le vent mauvais de la haine et de la xénophobie… Alors même que l’extrême droite est face à nous, aux portes du pouvoir...

Il me faut ne pas faire état, ce jour, de la grande inquiétude qui est la mienne, qui est la nôtre, nous qui savons, selon la formule désormais célèbre de François Mitterrand, que « le nationalisme, c’est la guerre ! ».


Je vais me conformer à cette exigence démocratique de réserve, sans pour autant supprimer le propos qu’il est d’usage qu’un maire tienne lors de cette Journée de Souvenir. 
Pour y parvenir, je vais reprendre devant vous, au mot près, le discours qui fut le mien en avril 2016, pour une Journée du Souvenir, hors contexte électoral…

Il y a un an, en 2016, je vous disais ceci :

Depuis 1954, la Journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la déportation se tient le dernier dimanche d’avril. La République française honore ainsi la mémoire des victimes de la déportation dans les camps de concentration ou d'extermination nazis. Cette journée du souvenir nous invite tout à la fois à nous tourner vers l’Histoire et à regarder vers l’avenir.

A nous tourner vers l’Histoire pour que le souvenir des crimes et des horreurs du passé ne s’oublient pas et par respect pour ceux qui en furent les victimes… A regarder vers l’avenir pour éviter que de tels crimes ne se reproduisent... Cette Histoire que nous ne voulons pas oublier est celle de l’intolérance et des extrémismes, vieux démons de l’humanité.

Souvenons-nous que, dès leur arrivée au pouvoir en 1933, Hitler et les nazis créèrent les premiers camps de concentration en Allemagne afin d’interner les opposants à leur régime, fondé dès l’origine sur l’exclusion. Avec l'expansion allemande en Europe, puis la seconde guerre mondiale, le système concentrationnaire prit une nouvelle dimension allant jusqu’au génocide.

Pour que de tels crimes ne se reproduisent jamais, il nous faut affirmer sans relâche notre attachement aux principes de liberté et de laïcité qui caractérisent la France, pays des droits de l’homme.

Vivre au sein d’une société laïque, c’est vouloir que la diversité des cultures et des religions ne soit pas un danger mais une richesse, pas un risque mais une chance.

Vivre au sein d’une société laïque, c’est vouloir vivre ensemble, dans la tolérance et le respect de nos différences.

Souvenons-nous aussi qu’il n’est pas si loin ce 20ème siècle qui connut, dans une Europe prétendument civilisée, l’infamie des camps de concentration.

Rappelons-nous aussi que la précarité et le chômage d’avant-guerre formèrent un terreau fertile à cette spirale de la haine nourrie par le racisme, la xénophobie et le communautarisme.

Car c’est au nom de cette idéologie que des millions d’hommes, de femmes et d’enfants furent exterminés sous la torture et dans les affres de la faim ou de la maladie.

Leur unique faute était d’être juifs, tziganes, résistants, homosexuels ou francs-maçons !
En France, plus de 140 000 personnes furent ainsi déportées, parmi lesquels 76 000 juifs dont 11.000 enfants.

Nous sommes ici pour rendre hommage à ces victimes dont certaines étaient couëronnaises comme nous le rappellent des plaques commémoratives apposées dans des rues de notre commune.

Pour eux, il faut résister face à celles et ceux qui attisent les extrémismes. Mais d’autres, comme vous ici à Couëron, remplissent avec dignité et civisme un devoir de mémoire et de transmission indispensable aux jeunes générations.

Car la lutte contre l'oubli ne peut se limiter à cette seule Journée du souvenir de la déportation. Les militants associatifs ici présents le savent bien, eux qui, inlassablement, continuent à témoigner, expliquer et enseigner !
Car ils savent que la liberté, l'égalité, la fraternité, le respect et la tolérance sont des conquêtes de chaque instant, des valeurs qui doivent être défendues et préservées avec la plus grande vigilance !
Ce combat contre l’oubli, l’ignorance, l’intolérance, la haine et le racisme reste aujourd’hui comme demain un combat juste et nécessaire.
C’est à nous, homme ou femme, jeune ou ancien, de toutes races et de toutes nationalités de le mener, ensemble et solidaires pour combattre les extrémismes et maintenir la paix !

Vive la République !

Vive la France !


Vive l’Europe !


Vive la Paix !