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Discours du 14 juillet 2017

Discours du 14 juillet 2017

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Cérémonie du 14 Juillet 2017

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Discours de Madame Carole Grelaud

Maire de Couëron

Conseillère départementale de Loire-Atlantique

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Mesdames et Messieurs les représentants des corps constitués,

Mesdames et Messieurs les représentants des associations d’anciens combattants,

Mesdames et messieurs les élus,

Mesdames et messieurs,

Cher-e-s ami-e-s,

La date du 14 juillet 1789 est, parmi les dates de notre Histoire, l’une de celles qui parle le plus au coeur des Françaises et Français.

Ce jour de Fête nationale, qui fut celui de la prise de la Bastille, symbolise en effet le combat mené de haute lutte par le Peuple Français.

Un combat pour mettre fin à un régime de monarchie absolue.

Un combat pour ériger de nouvelles valeurs républicaines :

Liberté !

Egalité !

Fraternité !

Héritée du Siècle des lumières, notre devise républicaine porte, depuis deux siècles, en trois simples mots, une immense aspiration citoyenne : celle d’un idéal démocratique qu’il nous faut constamment animer, défendre et préserver…

Posées dans l'article 1er de la Déclaration des Droits de l’Homme et du citoyen de 1789, cette devise l’est aussi dans le préambule de notre actuelle Constitution qui précise que « tous les êtres humains naissent libres et égaux en droits ».

C’est donc bien avec un désir d’universalité que la Révolution française a voulu construire un nouveau modèle de société.

Mais, paradoxalement, ce modèle a continué d’exclure les femmes de la quasi-totalité de leurs droits civiques et civils pour les maintenir assignées à la sphère domestique.

Les femmes ont pourtant joué un rôle important à chaque étape de la révolution, comme ce fut le cas pour la fameuse marche sur Versailles en octobre 1789.

Dans cette époque d’effervescence, elles assistent aux débats, participent aux discussions, aux clubs, et revendiquent qu’on leur accorde des droits et que soit mis un terme aux privilèges masculins en matière d’héritage, de divorce et d’instruction.

Condorcet, à qui notre salle de réception municipale rend hommage en portant son nom, déclarait d’ailleurs que l’exclusion des femmes des droits politiques était un acte de tyrannie, contraire aux principes de 1789.

Grande figure féminine de la Révolution, Olympe de Gouges publie pour sa part, en 1791, un texte intitulé « Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne » réclamant que « les femmes puissent naitre et demeurer libres et égales à l’homme en droits ».

Les femmes sont à l’époque, totalement exclues des assemblées politiques bien qu’étant très nombreuses dans les tribunes ouvertes au public, comme les fameuses « tricoteuses », multitâches à leur façon, qui assistaient aux séances de la Convention nationale en poursuivant leurs ouvrages.

Puis vint la grande loi de septembre 1792, primordiale pour les femmes puisqu’elle portait sur l’état civil et le divorce, traitant à égalité les deux époux et délivrant les femmes de la tutelle de leur mari.

La révolution parvint alors à bouleverser, certes temporairement, une hiérarchie des sexes solidement établie.

Je vois dans certains regards comme une interrogation …

Pourquoi, en ce 14 juillet, ces propos aux accents féministes ?

Plus que de féminisme, il s’agit ici de rendre un hommage tout particulier à une femme, grande figure de notre Nation, qui vient de s’éteindre…

Hier, jeudi 13 juillet, Simone Veil aurait eu 90 ans.

Quatre-vingt-dix années d’une vie hors norme qui mérite notre respect et explique cet hommage.

Révolutionnaire et féministe, Simone Veil n’en avait ni l’image, ni sans doute la culture.

Mais en défendant devant l’Assemblée nationale le projet de loi légalisant l’interruption volontaire de grossesse, elle mena un formidable et victorieux combat, marqueur de la lutte pour les droits des femmes. Au premier jour de l’ouverture des débats, Simone Veil prononçant son discours dans un climat très tendu, dit aux députés :

«Je voudrais vous faire partager une conviction de femmes. Je m’excuse de le faire devant une Assemblée constituée quasi exclusivement d’hommes ».

C’était l’année 1974 et la Ministre de la Santé Simone Veil s’adressait alors à une Assemblée Nationale masculine à 93%.

Depuis l’arrivée de ce nouveau millénaire, depuis ce XXIème siècle, les choses ont évolué.

Mais assez lentement, oserai-je dire, au regard des deux siècles qui nous séparent de la Révolution française aujourd’hui célébrée !

Réjouissons-nous cependant de cette évolution qui n’est pourtant que justice car il rétablit les femmes dans leur légitimité et fait la preuve de leur totale compétence.

Mais revenons à Simone Veil qui fut également l’une des grandes figures de la construction européenne.

Première femme présidente du Parlement européen en 1979, elle y défendit des positions fédéralistes et supranationalistes et contribua au renforcement des pouvoirs de cette institution.

Victime de la Shoah, elle poursuivra sa vie durant un engagement actif au service de la cause européenne, dont elle restera une figure emblématique.

C’est donc sur une de ses citations que je veux finir mon propos :

« C’est en Europe, où le mal absolu a été perpétré que la volonté doit renaitre d’un monde fraternel, d’un monde fondé sur le respect de l’homme et de sa dignité. »

Vive la République !

Vive la France !

Vive l’Europe !